Lesailes d'Aby – Allez vous laisser le train de la vie passer devant vous sans en être passager? BIENVENUE SUR LES AILES D’ABY. La boutique est ouverte depuis le 14 janvier 2021!!!! retrouvez nous au 322 rue Pablo Neruda 76610 Le havre. Du Mardi au samedi de 9h30/12h-14h/18h30 ( attention changement d’horaire en Septembre) La boutique dePablo Larraín, avec Natalie Portman, Peter SarsgaardLa Vie aime : beaucoup Ilmeurt lentement. celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider. Il meurt lentement. celui qui devient esclave de l’habitude. refaisant tous les jours les mêmes chemins, celui qui ne change jamais de repère, Ne se risque jamais à BULLETTRAIN : chronique. DOG : chronique. AS BESTAS : chronique. DÉDALES : chronique . LES NUITS DE MASHHAD : chronique. LA NUIT DU 12 : chronique. Cannes 2016 : NERUDA / Critique. 13-05-2016 - 23:32 - Par Emmanuelle Spadacenta. Tweetez cette info ! De Pablo Larrain. Quinzaine des Réalisateurs. Synopsis (officiel) : 1948, la Guerre Froide s’est Nousdevons traverser la solitude, l’isolement et le silence pout trouver ce lieu enchanté où notre danse maladroite et chanter notre chanson mélancolique. Mais dans cette danse et dans cette chanson, les plus anciens rites de notre conscience s’accomplissent dans la réalisation de notre humanité. Pablo Neruda. kBMti9X. Résumé Index Plan Texte Notes Citation Auteur Résumés Les trains, le père cheminot et le voyage en train sont des thèmes récurrents dans l’œuvre de Pablo Neruda. Le discours nerudien, dans La Frontière 1904 et La maison, deux poèmes du Chant général, ont le pouvoir d’aller au-delà de l’autobiographie. Le poète y chante la complexité du monde. Ainsi le thème du train est le motif où s’entrelacent des expériences diverses et contradictoires. Ce qui donne une image du chemin de fer riche, complexe et hautement symbolique. Los trenes, el padre ferroviario y el viaje en tren son temas recurrentes en la obra de Pablo Neruda. El discurso nerudiano en “La Frontera 1904” y “La casa”, dos poemas del Canto general, tienen el poder de ir más allá de la autobiografía. El poeta canta aquí la complejidad del mundo. De este modo el tema del tren es el motivo donde se entrelazan experiencias diversas y contradictorias. Lo que da una imagen del ferrocarril rica, compleja y altamente de page Entrées d’index Index géographique Chili Index chronologique XXeHaut de page Texte intégral 1 La Frontera La Frontière est le nom de la région de pionniers de la forêt de Malleco et de Cautín ... 2 Pour le thème des trains de pays lointains voir Transiberiano in Las uvas y el viento 1954 et O ... 1Le père cheminot, le voyage en train de La Frontera1 à Santiago du Chili, les viaducs, le matériel roulant, les chemins de fer de pays lointains2, le train hurlant », les locomotives sous la pluie, les trains de nuit et les convois traversant l’espace de La Frontera où s’est déroulée l’enfance du poète sont des thèmes récurrents dans l’œuvre de Pablo Neruda. 3 En el tren in Pablo Neruda, Cuadernos de Temuco 1919-1920, Barcelone, Seix Barral coll. “Biblioteca ... 4 Puentes et Maestranzas de noche in Pablo Neruda, Obras, cit., vol. I, p. 52 et p. 53. 5 Panorama del Sur, Viaje, Atracción de la ciudad in Pablo Neruda, El río invisible. Poesía y prosa d ... 6 Provincia de infancia et Soledad de los pueblos in Anillos. Prosas in Pablo Neruda, Obras, cit., vo ... 2Le chemin de fer apparaît très tôt dans sa poésie. Le thème est déjà présent dans les premiers poèmes, écrits alors qu’il avait entre quinze et seize ans. Ainsi, dans un sonnet de Cuadernos de Temuco 1919-19203, le poète adolescent évoque les paysages vus depuis la fenêtre du wagon et les voyageurs qui montent et descendent des voitures. Dans Crepusculario 1920-19234 deux poèmes, Puentes et Maestranzas de noche évoquent les ouvrages d’art et les ateliers du chemin de fer. Le 19 octobre 1924 – Neruda a vingt ans – un texte en prose est publié dans le journal El Mercurio5 de Santiago du Chili. Il s’agit d’un texte structuré en deux parties qui concernent deux moments consécutifs d’un même voyage en train, probablement de Temuco à Santiago. La première partie, Viaje, décrit un voyage de nuit et évoque l’étoile du matin qui paraît suivre le convoi jusqu’à l’aube quand commencent à se profiler les gares que le train traverse et que l’image du jeune voyageur se reflète dans la vitre. La deuxième partie, Atracción de la ciudad, est la suite de ce même voyage pendant la matinée. Dans ce texte riant et plein de lumière, le printemps est évoqué par les pommiers en fleur et les cerfs-volants, puis le train arrive dans la grande ville. Enfin, avant la publication du Chant général, en 1950, deux textes en prose seulement, de 1926, traitent du chemin de fer ils évoquent une voie ferrée qui traverse une triste ville de province6. Les années suivantes les voyages de Neruda en Orient, la guerre civile espagnole et les déplacements du poète en Amérique latine détournent l’intérêt de l’artiste pour le thème du train. 3Le thème du train de l’enfance revient vingt-quatre ans plus tard dans le Chant général, œuvre majeure de la poésie nerudienne. Ce recueil, qui marque profondément la poésie de langue espagnole de la deuxième moitié du XXe siècle, est un vaste chant de deux cent trente textes organisés en quinze sections. 7 Pablo Neruda, Canto general 1950 in Obras, cit., vol. I. À partir d’ici nous utiliserons, avec de ... 8 La Frontera 1904, ibidem, p. 693. 4La quinzième et dernière de ces sections, Je suis7, est composée de vingt-sept poèmes. Parmi eux les textes intitulés La Frontière 1904 et La maison traitent de l’image du train dans une triple relation d’abord en ce qui concerne l’enfance du poète, ensuite dans les rapports entre l’enfant et son père cheminot, enfin, en liaison avec l’espace géographique du Sud chilien. Les poèmes La Frontière 19048 et La maison introduisent une organisation chronologique de l’ensemble. Le premier porte la date de 1904, année de naissance de l’auteur. Ainsi dans Je suis Neruda aborde successivement les espaces de son enfance dans les territoires de La Frontera, ensuite sa trajectoire dans la capitale pendant les premières années de sa jeunesse, enfin, ses voyages à travers le monde et ses expériences d’adulte. De de fait, les derniers textes de cette section concernent, entre autres, les testaments poétiques, ses dernières volontés et un colophon, Je m’arrête ici. Cette section possède en quelque sorte la structure d’une autobiographie lyrique et le train y est un élément de la plus haute signification symbolique. Le train dans La Frontière 1904 5Dans cette perspective autobiographique La Frontière 1904 propose deux occurrences qui renvoient au train. Elles se trouvent dans la strophe initiale et dans la dernière vv. 28-33. Le chemin de fer y est perçu à travers les yeux de l’enfant qu’un Neruda quadragénaire se remémore. 6Dans la première strophe les images corrélatives du père et du chemin de fer sont proposées dans l’enjambement des vers 8 et 9, à la fin de deux énumérations. La première d’entre elles constitue une phrase poétique qui se déploie dans les quatre vers qui ouvrent le texte. 9 Ce que je vis d’abord ce furent / des arbres, des ravins / décorés de fleurs belles et sauvages / ... Lo primero que vi fueron árboles, barrancasdecoradas con flores de salvaje hermosura,húmedo territorio, bosques que se incendiabany el invierno detrás del mundo, 7Cette énumération – arbres », ravins », fleurs », territoire humide », forêts » et hiver » – renvoie à l’univers naturel de La Frontera du début du siècle. C’est un paysage vierge et limpide où le travail de l’homme n’a pas encore laissé de traces. Tous ces éléments appartiennent à l’ordre du naturel. 8Par contre, la deuxième énumération vv. 5-7 est chaotique souliers mouillés », troncs brisés », lianes », scarabées », journées douces », avoine » 10 J’eus pour enfance des souliers mouillés, des / troncs brisés / tombés dans la forêt, dévorés par ... Mi infancia son zapatos mojados, troncos rotos caídos en la selva, devorados por lianasy escarabajos, dulces días sobre la avena […]10 9L’extrême confusion des expériences enfantines est suggérée ici par la réunion arbitraire d’éléments appartenant à des ordres sémantiques très éloignés les uns des autres. Ainsi des catégories aussi diverses que le vêtements, le végétal, le zoologique, le temps, l’émotion et la production agricole sont contiguës. Une telle énumération ne s’arrête pas là. Elle continue après une virgule, suivie immédiatement par une conjonction et » insérant les derniers objets de la série. Ainsi 11 la barbe dorée de mon père partant / pour la majesté des chemins de fer ». Y la barba dorada de mi padre saliendoHacia la majestad de los ferrocarriles11 introduit des éléments d’un tout autre ordre dans cet inventaire. Ces deux vers ajoutent simultanément, par métonymie, l’univers familial du moi poétique qui appartient à l’ordre du conceptuel et le transport par voie ferrée qui appartient à l’ordre du construit industriellement 10Ces deux énumérations s’organisent à partir de deux catégories de temps qui suggèrent parallèlement l’évolution de l’enfant vers la maturité et l’évolution de l’humanité qui progresse de l’état naturel vers une modernité majestueuse. Ainsi on y trouve d’abord l’expérience intime de l’enfant qui mûrit en découvrant la terre intacte, encore inhabitée, où la nature prolifère et s’autodétruit librement. La deuxième énumération propose un espace où la nature se mêle à l’action et aux produits de l’homme. Le chemin de fer fait partie de cette dernière catégorie. Il représente le point culminant de ce processus d’humanisation du paysage. 11D’ailleurs, ces inventaires lyriques s’organisent aussi selon deux ordres de valeurs pour le Moi poétique. Le premier est négatif. Il concerne le territoire humide », la forêt en feu », l’hiver en crue derrière le monde », les souliers mouillés », les troncs brisés / tombés dans la forêt dévorés par les lianes et les scarabées». Le deuxième ordre est positif. Il se compose de ravins décorés de fleurs belles et sauvages », de journées douces sur l’avoine », de la barbe dorée » du père. Le niveau supérieur de la positivité est donc la majesté des chemins de fer ». 12Dans les vers 8 et 9 l’usage de la métonymie la barbe pour désigner le père permet de conserver le rapport logique entre l’attribut extérieur de la figure paternelle et son travail de conducteur de train. Métonymie qui, par un rapport de contiguïté, suggère en même temps sa fonction au sein de la famille comme de l’univers ferroviaire. Ainsi, le poète évoque l’enfant qu’il fut et pour lequel existait une relation indissoluble entre la majesté » du chemin de fer et la blondeur de la barbe paternelle. Du reste, dans ce catalogue désordonné, la proximité entre l’avoine » et la barbe dorée » du père établit un trait d’union entre le bonheur de ces journées douces » et la fierté que l’enfant ressent devant le métier paternel. 13La deuxième référence au chemin de fer apparaît dans la dernière strophe de ce poème. Dans l’intervalle, les strophes deux, trois, et quatre qui la précèdent évoquent un monde rural pléthorique. Dans ce monde se succèdent les saisons – la pluie australe » de l’hiver, le soleil rapide » parce que bref de l’été et les chaumes, denses fumées » de l’automne – qui laissent dans le souvenir du poète les sonorités, les images et les saveurs puissantes de la nature et des fruits travaillés par l’homme. La référence au chemin de fer se cristallise grâce au souvenir nostalgique des voyages en train à travers cet espace de l’enfance qu’est La Frontera 12 Mon enfance parcourut les saisons avec autour de moi, / les rails, les châteaux de bois frais / ... Mi infancia recorrió las estaciones entrelos rieles, los castillos de madera reciente,la casa sin ciudad, apenas protegidapor reses y manzanos de perfume indeciblefui yo, delgado niño cuya pálida formase impregnaba de bosques vacíos y 13 Ici notre traduction diverge de celle que C. Couffon propose pour estaciones » dans sa version du ... 14Le premier segment du vers 28, Mon enfance parcourut les gares…» paraît reprendre le rapports de proximité que l’image paternelle établit entre l’enfant et le métier de conducteur de trains. Mais en espagnol le mot estación » est un terme polysémique. Ainsi le dictionnaire de la Real Academia Española propose dix-huit entrées exposant les différents emplois du vocable. Et parmi eux gare de chemin de fer » ou chacune des quatre saisons de l’année » ; mais on peut aussi le comprendre dans les sens de lieu où l’on s’arrête lors d’un parcours »13. La polysémie évidente du mot estación » vient ici enrichir les sens que le poète suggère. Et ceci parce que estaciones » peut suggérer également les étapes du temps qui passe. Ainsi un tel mot peut évoquer les différentes étapes d’un parcours existentiel. Dans la première strophe on voit le père partir vers la majesté des chemins de fer », dans la dernière c’est l’enfant qui parcourt les gares et regarde le monde depuis le train en marche. Cette signification du mot estación » comme temps qui passe », peut également suggérer les saisons de l’année, thème développé par le poète dans les strophes deux, trois et quatre. 14 À propos des thèmes concernant les ponts et chaussées ouvrages d’art et le matériel roulant voir ... 15Néanmoins le contexte dans lequel Neruda place le mot estación » et le contenu des vers qui suivent imposent le sens de gare de chemin de fer ». Les deux points présents dans ce vers 28, suivis de la préposition entre », amplifient le sens textuel le Moi lyrique se place au milieu des éléments qui constituent l’univers ferroviaire14. De la sorte, aux gares » s’ajoutent les entrepôts » et les rails » pour suggérer l’ensemble des bâtiments et des installations. Les mots entrepôts » et rails » impliquent donc le transport et la circulation des passagers et des produits par voie ferrée. De ce fait le bois frais » évoque le parfum des planches qui viennent d’être arrachées à la forêt et s’empilent en ordre strict dans les châteaux » des gares ferroviaires avant d’être expédiées par trains de marchandises vers les dépôts des grandes villes du Nord du pays. 15 Le thème du voyage en train et la terre des origines revient quelques années plus tard dans Escrito ... 16Les images de La Frontera que le poète adulte a gardées dans sa mémoire se déploient ensuite comme si l’enfant évoqué par Neruda regardait depuis la fenêtre d’un wagon le paysage du Sud chilien. Ainsi l’image de la maison sans ville » fait référence au territoire national, à peine peuplé du début du siècle. La préposition négative sans », pour sa part, dénote la carence et suggère une demeure solitaire au milieu des champs. La fragilité de la maison est accentuée ici par à peine protégée », où la locution adverbiale à peine » dénote la maigre défense que peut constituer la présence de troupeaux et de pommiers» face à l’isolement et à la violence des agressions du vent et de la pluie. Le paysage de La Frontera qui se construit à travers les images des gares et de la campagne15 s’imprègne également de sensations qui s’ajoutent à celles évoquées par les strophes précédentes. Ainsi les pommiers au parfum ineffable » établissent un lien avec l’odeur du bois frais », le monde poussiéreux [des] hangars », les caves entassant le rouge résumé / du noisetier », la robe torride de l’été », etc. 16 Voir à propos de ce poème l'étude de Javier Garcia Mendez, La impregnación consonántica y acentual ... 17De la sorte, dans cette perspective autobiographique l’enfant à la forme pâlotte », imprégné par l’univers de La Frontera, voit le point culminant de son parcours dans ce mouvement qui va de la nature pleine de la première image du poème aux forêts vides » et aux entrepôts » du dernier vers. Le train devient ainsi élément de la métaphore complexe d’un voyage à la fois personnel et collectif16. Les cheminots dans La maison17 17 La casa in Pablo Neruda, Obras, cit., p. 695. 18L’image idéale de l’enfance offerte par le poème liminaire de cette section de Chant Général contraste avec l’évocation de La casa, la demeure où Neruda vécut ses premières années dans La Frontera. C’est ici que le rapport entre le poète et l’univers du chemin de fer se fait plus net. Dans ce texte Neruda présente l’univers ferroviaire sous un jour complètement différent. La période et la région poétisées sont les mêmes que celles du texte précédent. Mais les expériences travaillées ici appartiennent à une autre zone de souvenirs que le poète garde en lui. Cette évocation est peuplée d’éléments naturels et humains déchaînés les vents, le froid, les coups de feu, les galopades des chevaux, d’ombres la nuit, la terre dans les ténèbres, de menaces la colère, l’abandon, les irruptions étrangères au foyer, d’angoisses et de pauvreté. 18 Ma maison et ses murs de planches fraîches / dont je sens encore le parfum branlante et biscorn ... Mi casa, las paredes cuya madera frescarecién cortada huele aún destartaladacasa de la frontera […]18 19La maison évoquée ici se transforme par le biais d’une métaphore complexe. Elle produit un transfert de sens entre la chaumière en bois et l’oiseau. La maison branlante et biscornue » est un logement fragile qui craquait à chaque pas, et où sifflait le vent de guerre ». Cette habitation risque d’être emportée par le vent et devient l’ oiseau inconnu / aux plumes glacées sous lesquelles grandissait mon chant ». Ainsi, d’une part, la métaphore propose la fragilité du logis face à l’agression des éléments et, d’autre part, elle suggère le lieu où l’enfant est né à la poésie. Plus loin, le foyer de l’enfant est l’objet de sombres comparaisons, imprégnées d’impressions négatives. Le monde de l’enfance est assimilé au monde végétal dans une vaste comparaison où la croissance des plantes et de leurs racines rejoignent l’évolution humaine, celle de l’enfant et sa famille, et s’y entrelacent. 20Quant à l’image du père cheminot, le plaisir lumineux des journées douces sur l’avoine » du premier poème laisse place à l’angoisse des nuits / coléreuses et sans air, des chiens qui aboyaient ». Cette image suggère la peur de l’enfant réveillé au milieu de la nuit et déconcerté par la voix de son père se disputant avec sa femme la mamadre » au sein de la noirceur nocturne. Dans l’étouffante obscurité sans air », la terreur enfantine suscitée par les voix hargneuses des parents est multipliée par les hurlements des chiens enragés autour de la maison. Neruda renforce l’effet hyperbolique de son image lorsqu’il détache typographiquement le passage et souligne par ce moyen la référence à cette atmosphère angoissante. En isolant et en déplaçant le mot enrarecidas », il accentue et intensifie l’effet sonore de la menace, soulignée par les allitération en r » 19 des nuits / coléreuses et sans air, des chiens qui aboyaient ». en[R]a[R]ecidasnoches de cóle[R]a, pe[RR]os que lad[R]aban19 21C’est dans cet espace sombre et menaçant que l’image du monde ferroviaire réapparaît, expressément énoncée, une image toujours liée à la figure paternelle. Mais, cette fois-ci, elle se construit à l’opposée du père sacré qui partait vers la majesté des chemins de fer » du poème liminaire. Ici, dans les vers 17-18, le poème revêt la forme d’une longue et complexe interrogation qui traduit bien l’appréhension de l’enfant assistant impuissant au départ de son père vers un univers ferroviaire mal connu. 20 Avec l’aube, mon père, sur la terre enténébrée, / se faufilait dans ses trains qui hurlaient. / V ... Mi padre con el alba oscurade la tierra, hacia qué perdidos archipiélagosen sus trenes que aullaban se deslizó ?20 22Bien que l’image du père conducteur de locomotive apparaisse ici liée à l’aurore libératrice des peurs nocturnes, ce qui pourrait être une consolation, il n’en est rien. Il s’agit bien sûr ici d’une aube », mais elle s’ouvre sur une terre enténébrée ». L’oxymore alba oscura » permet au poète de prolonger la noirceur de la nuit sur la naissance du jour et de l’étendre sur la terre entière. De ce fait, c’est aussi l’angoisse de l’enfant qui s’étend, obscurcissant le jour qui arrive. 23D’autre part, comme faisant écho aux chiens qui aboient dans la nuit, le train du père qui s’éloigne hurle » comme une bête en perdition dans ces matins sombres. Ce train-là part vers un monde fragmenté qui adopte la forme des archipels » perdus dans un vaste territoire. L’image traduit l’idée d’un réseau de chemin de fer perçu comme un ensemble de lignes qui desservent des bourgades isolées incrustées comme des îles dans les énormes espaces encore vierges de La Frontera. 24Puis les vers 19-22 introduisent une rupture dans la perspective du temps et du ton que le poète impose depuis le début du texte 21 Plus tard j’ai aimé l’odeur du charbon dans la fumée, / les huiles, les essieux, leur précision g ... Más tarde amé el olor del carbón en el humo,los aceites, los ejes de precisión helada,y el grave tren cruzando el invierno extendidosobre la tierra, como oruga 25Interrompant donc avec ce Plus tard …» l’évocation de l’enfance tragique, le poète introduit un passé plus récent, celui de l’âge adulte où il perçoit autrement le train et ses significations. Ici l’homme mûr travaille ses souvenirs et nuance la perception première de l’univers ferroviaire valorisant certaines expériences plus fraîches. Ainsi, en opposition à ce monde de ténèbres de l’enfance, il affirme avoir aimé l’odeur du charbon dans la fumée, / les huiles, les essieux, leurs précision glacée ». Ici la progression à travers les éléments donne une réalité matérielle au train. On passe du plus subtil au plus solide. Ainsi l’on va de la matière gazeuse et des fines particules de charbon qu’elle contient à la matière liquide, grasse et onctueuse des huiles pour arriver ensuite aux parties métalliques de la machine. 26Dans ces vers l’accumulation de synecdoques proposée par les différents éléments mécaniques du chemin de fer suggère un train au sens général du terme. Mais ce train quelconque laisse la place après une conjonction et » à un train singulier. C’est le train grave » de La Frontera, convoi humanisé qui traverse l’hiver allongé sur la terre ». Les touches humanisantes – le caractère grave » de ce train, la précision glacée » des éléments de la machine et l’hiver allongé » – maintiennent néanmoins le ton tragique des premiers vers de ce poème. Mais la représentation ne s’arrête pas là, car à la grave humanité de l’ensemble s’ajoute la condition zoomorphique de l’ orgueilleuse chenille ». La gracieuse métaphore offre une double vision de la locomotive et de ses voitures humaines et animales à la fois, elles avancent et ondulent dans l’espace. L’image plaisante du poème liminaire réapparaît donc, évoquant les journées douces » de l’enfance liées ici à cette représentation charmante, et établissant un lien avec la majesté de chemins de fer » du premier poème. 27Mais cette insertion dans le corps du texte d’un élément correspondant à une digression affable et tendre laisse à nouveau place aux souvenirs angoissants de l’enfance du Moi poétique. La violence de l’arrivée d’un père envahissant le foyer est renforcée par les allitération en R et la position, éloignée de la marge, du vers 24 22 Soudain les portes ont trépidé. / Voici mon père ». De p[R]onto t[R]epida[R]on las pue[R]tas». Es mi pad[R] 28Ce dernier vers, Voici mon père », constitue à lui seul une phrase poétique. Ce procédé stylistique souligne typographiquement la présence négative du père cheminot comme élément central du poème. 23 En 1963 Neruda reprend ce thème dans El padre. Ce texte s'ouvre sur une image nocturne dans laquell ... 29Ainsi l’univers du train fait irruption dans la maison à travers la figure paternelle23. Mais il n’arrive pas seul. Il vient entouré de ses centurions », métaphore qui renvoie aux cheminots et renforce l’impression suscitée par ce père sorti de l’univers du chemin de fer. Image guerrière, elle fait écho au vent de guerre » des premiers vers. Les cheminots- centurions » sont revêtus des attributs de la légion qui conduit les trains. Les emblèmes qu’ils portent sont leurs vêtements mouillés mantas mojadas ». Enfin l’eau, symbole du monde extérieur qui pénètre brusquement dans la maison, se présente sous ses différents états et, à l’état de vapeur, occupe une position centrale. Cette vapeur signifie la force motrice de la modernité au début du siècle, et celle du chemin de fer dans ce cas particulier. 24 Dans ses mémoires Neruda revient sur le rapport entre le train et les conditions de vie misérables ... 30Ce sont les cheminots qui vont revêtir la maison d’un nouveau caractère. Ils confèrent une condition différente au foyer de l’enfant poète. Car la salle à manger se remplit d’hommes qui boivent et rapportent des récits prononcés d’une voix enrouée. C’est là que le Moi poétique entend parler pour la première fois de la douleur due à la misère des salariés du rail. Jusqu’alors l’enfant était séparé comme d’une barrière » de ce monde de misère24. C’est dans cette maison envahie par ces hommes dignes et durs dans leur pauvreté que le jeune enfant apprend à connaître les chagrins, les blessures et les souffrances du monde ouvrier pris dans la griffe minérale de la pauvreté ». 31Cette expression métaphorique, la griffe minérale », qui associe deux termes appartenant à deux champs sémantiques différents qui s’excluent mutuellement, suggère le dénuement des travailleurs de l’univers ferroviaire. Ainsi, la force et la forme pointue et crochue de la griffe » à laquelle est accolé l’adjectif minérale » matérialisent la dureté de l’emprise. L’effet est saisissant car il fait naître une impression de destin immuable. Il suggère l’extrême difficulté et la violence des relations humaines dans cet espace en gestation qu’est La Frontera à cette époque. Ainsi le poème conduit le lecteur d’un univers intime où cette symbolique du train acquiert des significations tragiques à un monde plus vaste, celui d’une condition sociale dramatiquement liée au chemin de fer. 32Les thèmes abordés et le temps évoqué font de La Frontière 1904 et de La maison des textes autobiographiques. Cependant Neruda dépasse la simple circonstance personnelle. Nous nous trouvons ici aux antipodes d’une description égotiste. Le discours nerudien a le pouvoir d’aller au-delà, car il chante la complexité du monde. Ainsi le thème du train fait partie de cette démarche. Le train, pour Neruda, est le motif où s’entrelacent des expériences diverses et contradictoires. L’image du chemin de fer qui en résulte est riche, complexe, hautement symbolique. Haut de page Notes 1 La Frontera La Frontière est le nom de la région de pionniers de la forêt de Malleco et de Cautín qui autrefois séparait le territoire des Indiens mapuches et les terres occupées progressivement par les colons chiliens. 2 Pour le thème des trains de pays lointains voir Transiberiano in Las uvas y el viento 1954 et Oda a un tren en China in Navegaciones y regresos 1959 in Pablo Neruda, Obras, Buenos Aires, Losada, cinquième édition, 1993, vol. I., pp. 798-801 et vol. II, p. 799. 3 En el tren in Pablo Neruda, Cuadernos de Temuco 1919-1920, Barcelone, Seix Barral coll. “Biblioteca breve”, 1997, p. 85. 4 Puentes et Maestranzas de noche in Pablo Neruda, Obras, cit., vol. I, p. 52 et p. 53. 5 Panorama del Sur, Viaje, Atracción de la ciudad in Pablo Neruda, El río invisible. Poesía y prosa de juventud, Barcelone, Seix Barral, coll. “Biblioteca breve” / “Poesía” n° 457, 1980, p. 192. 6 Provincia de infancia et Soledad de los pueblos in Anillos. Prosas in Pablo Neruda, Obras, cit., vol. I, p. 141 et 143. 7 Pablo Neruda, Canto general 1950 in Obras, cit., vol. I. À partir d’ici nous utiliserons, avec des modifications, la traduction française de Claude Couffon Chant général, Paris, Gallimard, 1977. 8 La Frontera 1904, ibidem, p. 693. 9 Ce que je vis d’abord ce furent / des arbres, des ravins / décorés de fleurs belles et sauvages / un territoire humide, des forêts en feu / et l’hiver en crue derrière le monde ». 10 J’eus pour enfance des souliers mouillés, des / troncs brisés / tombés dans la forêt, dévorés par les lianes / et les scarabées, j’eus des journées douces sur / l’avoine […] ». 11 la barbe dorée de mon père partant / pour la majesté des chemins de fer ». 12 Mon enfance parcourut les saisons avec autour de moi, / les rails, les châteaux de bois frais / et la maison sans ville, à peine protégée / par des troupeaux et des pommiers au parfum ineffable / je vécus, mince enfant à la forme pâlotte, / En m’imprégnant de forêts vides et d’entrepôts ». 13 Ici notre traduction diverge de celle que C. Couffon propose pour estaciones » dans sa version du Chant général, Paris, Gallimard, 1977, p 483. Couffon traduit estaciones » comme saisons ». Mais on peut dans la traduction française choisir le sens de gare » ou de saison ». 14 À propos des thèmes concernant les ponts et chaussées ouvrages d’art et le matériel roulant voir Puentes et Maestranzas de noche in Crepusculario 1920-1923, et Oda a la vieja estación Mapocho en Santiago de Chile in Tercer libro de las odas 1957 et Sueños de trenes in Estravagario 1958 in Pablo Neruda, Obras, cit., vol. I, pp. 52-53 et vol. II, pp. 455 et 664. 15 Le thème du voyage en train et la terre des origines revient quelques années plus tard dans Escrito en el tren cerca de Cautín, en 1958 et Oda a los trenes del Sur in Navegaciones y regresos 1959 in Pablo Neruda, Obras, cit., vol. II, pp. 796 et 726. 16 Voir à propos de ce poème l'étude de Javier Garcia Mendez, La impregnación consonántica y acentual La Frontera’ in Diez calas en el hacer de la poesía de Pablo Neruda. Residencia en la tierra y Canto general, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. “Mondes Hispanophones”, n° 26, 2001, pp. 182-194. 17 La casa in Pablo Neruda, Obras, cit., p. 695. 18 Ma maison et ses murs de planches fraîches / dont je sens encore le parfum branlante et biscornue / Maison de la frontière […] ». 19 des nuits / coléreuses et sans air, des chiens qui aboyaient ». 20 Avec l’aube, mon père, sur la terre enténébrée, / se faufilait dans ses trains qui hurlaient. / Vers quels archipels oubliés ? ». 21 Plus tard j’ai aimé l’odeur du charbon dans la fumée, / les huiles, les essieux, leur précision glacée, / et le train grave traversant, orgueilleuse chenille, / l’hiver allongé sur la terre ». 22 Soudain les portes ont trépidé. / Voici mon père ». 23 En 1963 Neruda reprend ce thème dans El padre. Ce texte s'ouvre sur une image nocturne dans laquelle l'irruption paternelle dans la maison de l'enfance recèle une menace, la fureur contenue du chef de famille. La dimension épique de la figure paternelle est insufflée dans le texte par les éléments qui l'entourent lors de son arrivée à la maison familiale. L'apparition nocturne du père est annoncée par les sifflets de la locomotive, et la pluie et le vent qui ajoutent à l'efficacité symbolique du texte. Cf. Memorial de Isla Negra in Pablo Neruda, Obras, cit., vol. II, p. 1025. voir aussi Mémorial de l’Ile Noire suivi de Encore, Paris, Gallimard, 1970, traduction de C. Couffon. 24 Dans ses mémoires Neruda revient sur le rapport entre le train et les conditions de vie misérables du jeune poète. Cf. Las casas de pensión in Pablo Neruda, Confieso que he vivido. Memorias, Barcelone, Editorial Seix Barral, coll. “Biblioteca breve3 n° 365, 1974, pp. de page Pour citer cet article Référence papier Pablo Berchenko, L’univers ferroviaire dans Canto general de Pablo Neruda », Cahiers d’études romanes, 10 2004, 273-284. Référence électronique Pablo Berchenko, L’univers ferroviaire dans Canto general de Pablo Neruda », Cahiers d’études romanes [En ligne], 10 2004, mis en ligne le 15 janvier 2013, consulté le 27 août 2022. URL ; DOI de page Auteur Pablo BerchenkoAix Marseille Université, CAER Centre Aixois d’Études Romanes, EA 854, 13090, du même auteur Paru dans Cahiers d’études romanes, 41 2020 Paru dans Cahiers d’études romanes, 30 2015 De Pérez Rosales à Blest Gana Paru dans Cahiers d’études romanes, 6 2001 Paru dans Cahiers d’études romanes, 17 2007 Paru dans Cahiers d’études romanes, 4 2000 Paru dans Cahiers d’études romanes, 3 1999 Tous les textes... Haut de page Neruda est un film chilien réalisé par Pablo Larraín, présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2016. Pablo Larrain et son scénariste Guillermo Calderon se sont plongés dans les poèmes et les écrits de Pablo Neruda, leur objectif étant de faire ressortir du film l’univers du poète et non pas une simple biographie. Nous sommes à la sortie de la seconde guerre mondiale, fascisme et communisme font rage un peu partout et au Chili particulièrement où Videla, élu pourtant par des communistes comme Neruda excellentissime Luis Gnecco, alors sénateur, vire sa casaque pour mener une politique d’ultra-droite en jetant en prison des travailleurs communistes par tombereaux. Au Congrès, le sénateur Pablo Neruda critique ouvertement le Neruda est déclaré traître au régime populiste en place. Le président Videla demande alors sa destitution et confie au redoutable inspecteur Óscar Peluchonneau le soin de procéder à l’arrestation du poète. Il doit fuir, se cacher… Cet épisode bien réel — du moins le début de la cavale, entre 1947 et 1949 — inspire au réalisateur Pablo Larraín un grand poème visuel, fait de scènes courtes, insolites, caustiques et rêveuses. Dans cet anti-biopic éblouissant, le cinéaste détricote tout et, d’abord, la figure du grand homme. Il s’agit moins de montrer les faits que les effets l’imaginaire de Neruda, son impact sur tout un peuple, sa puissance créatrice s’échappent, débordent, truquent le réel, dévient la narration. Le film devient vaste et vibrant comme le Chant général, que Pablo Neruda est alors en train d’écrire. A la poursuite de l’artiste, Oscar Peluchonneau , raide comme la mort, d’une sinistre drôlerie, que Gael García Bernal rend à la fois pathétique et inquiétant , commente en voix off l’étrange jeu de cache-cache — des coulisses du pouvoir de Santiago aux espaces infiniment blancs de la cordillère des Andes. Dans ce jeu du chat et de la souris, Neruda voit l’occasion de se réinventer et de devenir à la fois un symbole pour la liberté et une légende littéraire… Sur ce tableau fantasque et libre d’une époque où les poètes étaient plus grands que la vie, où ils promettaient, avec une confiance effrontée, des lendemains fraternels, plane aussi l’ombre de la dictature. Renouant avec l’histoire politique de son pays, également tourné avec le mexicain Gael Garcia Bernal Oscar Peluchonneau , Pablo Larraín s’attaque avec Neruda excellentissime Luis Gnecco à un biopic d’un genre un peu particulier, qui met en scène les deux années précédant son passage en Argentine puis à Paris. Pablo Larraín réussit cette gageure d’imprimer à son film une certaine ambiance. Une ambiance fragmentaire, donc, tout comme la poésie de Neruda, qui voudrait, de l’aveu même du cinéaste, traduire davantage le rythme de cette poésie que la vie de Neruda lui-même. Orientation Formations Orientation Universités Ecoles Lycées Métiers Bac Pratique Examens Annuaire formations Parcoursup BTS Alternance Salons Etranger Masters Tests Brevet Formation Domaine ? Où ? Lycée Lycée polyvalent Pablo Neruda Saint-Martin-d'Hères - 38400 Première Objectif de la formation Enseignement Général et Technologique - Première Première S - SVT, Sciences de la Vie et de la TerreCoordonnées de la formation Lycée polyvalent Pablo Neruda Adresse 35, rue Henri Wallon 38400 Saint-Martin-d'Hères Téléphone 04 76 25 07 22 Site de la formation Fiche formation ajoutée par LE PARISIEN ETUDIANT mise à jour le Mardi 28 Février 2012 Demander une mise à jour Plan accès Lycée polyvalent Pablo Neruda35, rue Henri Wallon 38400 Saint-Martin-d'Hères Autres formations Lycée polyvalent Pablo Neruda BTS Electrotechnique Enseignement supérieur - BTS Electrotechnique Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Première Première ES Enseignement Général et Technologique - Première Première ES Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Première Première L Enseignement Général et Technologique - Première Première L Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Première Première S - SVT, Sciences de la Vie et de la Terre Enseignement Général et Technologique - Première Première S - SVT, Sciences de la Vie et de la Terre Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Première Première S, Sciences de l'Ingénieur Enseignement Général et Technologique - Première Première S, Sciences de l'Ingénieur Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Première Première STI2D, Sciences et Technologies Industrielles, Développement Durable Enseignement Général et Technologique - Première Première STI2D, Sciences et Technologies Industrielles, Développement Durable Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Seconde Seconde Générale et Technologique Enseignement Général et Technologique - Seconde Seconde Générale et Technologique Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Bac Généraliste série ES Economique et Sociale Enseignement Général et Technologique - Baccalauréat Général et Technologique série ES Economique et Sociale Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Bac Généraliste série L Littéraire Enseignement Général et Technologique - Baccalauréat Général et Technologique série L Littéraire Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères Bac Généraliste série S Scientifique Enseignement Général et Technologique - Baccalauréat Général et Technologique série S Scientifique Lycée polyvalent Pablo Neruda - 38400 Saint-Martin-d'Hères >> Retour sur la page Lycée polyvalent Pablo Neruda Article réservé aux abonnés " Il y a des hommes moitié vent, moitié poisson, d'autres hommes sont faits d'eau. Moi je suis fait de terre. Je vais, toujours plus gai, de par le monde, chaque ville me donne une vie nouvelle, le monde est en train de naître. Mais s'il pleut à Lota il pleut sur moi. Si la neige à Lonquimay glisse sur les feuilles, la neige arrive jusqu'à moi. En moi grandit le blé obscur de Cautin. Je possède un araucaria à Villarica, du sable dans le Grand-Nord. J'ai une rose blonde à San-Fernando. Et le vent qui abat la dernière vague de Valparaiso frappe ma poitrine avec un bruit cassé comme si mon cœur avait là une fenêtre brisée. " Depuis les Feuilles d'herbes, de Walt Whitman, nous n'avions plus entendu cette voix qui est la voix même de la nature, cette convocation des cosmogonies. C'est d'Amérique encore qu'elle nous vient cette fois, mais d'Amérique du Sud les vers cités plus haut appartiennent au volume de Pablo Neruda, récemment paru, intitulé Las Uvas y el Viento les Raisins et le Vent. Il est étrange que le chantre moderne de la race araucane, naguère célébrée par Ercilla, porte un nom tchèque. Neftali Reyes, dès le début de sa carrière littéraire, a emprunté son pseudonyme au grand poète pragois Jan Neruda, l'auteur des Contes de Mala Strana et des Chants cosmiques, qui a joué un si grand rôle dans la résurrection de la littérature de langue bohême dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Pablo Neruda a fait pour sa terre natale, le Chili, ce que Jan Neruda avait fait pour la Bohême il est revenu aux sources, aux racines, à ce sous-sol foisonnant et vivifiant d'où l'homme tire les forces essentielles. Après avoir traversé une période d'influences romantiques, symbolistes il adorait Samain lorsqu'il habitait Paris, Pablo Neruda a retrouvé le chemin profond vers la vieille terre des origines. Il s'est reconnu une parenté d'âme, sinon de race, avec les ancêtres araucans, ces indigènes indomptables que les conquérants espagnols n'ont jamais pu faire plier et qui se sont réfugiés dans les montagnes du Chili pour préserver leur indépendance. Il est revenu aux temps primitifs où " l'homme fut terre, vase, paupière de la boue tremblante, forme de l'argile ; il fut cruche caraïbe, pierre chibcha, coupe impériale ou silice auracane. Il fut tendre et sanglant, mais sur la poignée de son arme de cristal humide les initiales de la terre étaient écrites " Il est monté jusqu'à la c ville des nuages ", l'antique Macchu-Picchu, dont les ruines colossales dominent un sommet des Andes, pour contempler de là-haut les montagnes, les forêts et les hommes. Et c'est le spectacle de ce déferlement de libre nature qui lui a inspiré le sentiment cosmique qui se déploie dans les trois volumes du Chant général 1, cette immense frise épique, cosmogonie des dieux et des hommes, et les Odes élémentaires, de 1954, dont on trouvera quelques fragments traduits dans le volume critique et anthologique consacré par M. Jean Marcenac au grand poète chilien 2. Il vous reste de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Découvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois ordinateur, téléphone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? En cliquant sur » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ? 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Neruda a écrit près de 3 500 poèmes dans un large éventail de genres épopées historiques, poèmes d’amour passionnés, odes distinctives poèmes lyriques qui traitent d’un sujet particulier, manifestes politiques, poèmes surréalistes, et une autobiographie en prose. Livre Traite Newsletter inscrivez-vous à notre Livre Traite de newsletter et recevez jusqu’à 80% de rabais sur les livres que vous voulez lire., Un autre grand écrivain latino-américain, Frederico Garcia Lorca, décrit Neruda en 1934 et je vous dis que vous devriez vous ouvrir à entendre un poète authentique, du genre dont les sens corporels ont été façonnés dans un monde qui n’est pas le nôtre et que peu de gens sont capables de percevoir. Un poète plus proche de la mort que de la philosophie, plus proche de la douleur que de l’intelligence, plus près du sang que de l’encre.” les meilleurs poèmes de Pablo Neruda Ce sont, à mon avis, cinq de ses meilleurs poèmes de sa grande collection d’œuvres., Livre De Questions Dites-moi, est la rose nu ou est-ce sa seule robe? pourquoi les arbres cachent-ilsla splendeur de leurs racines? qui entend les regrets de l’automobile voleuse? y a-t-il quelque chose de plus triste au monde qu’un train debout sous la pluie? corps de femme, collines blanches, Cuisses blanches corps de femme, collines blanches, cuisses blanches, lorsque vous vous rendez, vous vous étirez comme le corps, sauvage et paysan, vous mine et fait bondir un fils au fond de la terre. j’étais seul comme un tunnel., Les oiseaux volaient de moi. et la nuit m’envahit avec sa puissante survivre j’ai forgé vous, comme une arme,comme une flèche à mon arc, ou une pierre pour mon bébé. mais maintenant l’Heure de la vengeance tombe, et je t’ de peau, de mousse, de lait ferme et assoiffé! et les bonnets de tes seins! Et vos yeux pleins d’absence! et les roses de votre monticule! Et votre voix lente et triste! Corps de ma femme, je vivrai à travers votre émerveillement. ma soif, mon désir sans fin, ma route vacillante!,sombres lits de rivière en bas de laquelle coule la soif éternelle, et la fatigue coule, et le chagrin sans rivage. seulement la mort Il y a des cimetières qui sont solitaires,des tombes pleines d’os qui ne font pas de bruit,Le cœur se déplaçant dans un tunnel,dans les ténèbres, les ténèbres, les ténèbres,comme un naufrage, nous mourons en nous-mêmes, comme si nous nous noyions dans nos cœurs, comme si nous vivions en tombant de la peau dans l’âme., la mort arrive parmi tout ce soncomme une chaussure sans pied dedans, comme un costume sans homme dedans,vient et frappe, utilisant un anneau sans pierre, sans doigt dedans,vient et crie sans bouche, sans langue, sans ses pas peuvent être entendus et ses vêtements font un bruit feutré, comme un arbre., Je ne suis pas sûr, je ne comprends que peu, je vois à peine,mais il me semble que son chant a la couleur des violettes humides,des violettes qui sont chez elles dans la terre,parce que le visage de la mort est vert,et le regard que la mort donne est vert,avec l’humidité pénétrante d’une feuille violette et la couleur sombre de l’hiver aigri., Mais la mort traverse aussi le monde habillé comme un balai,rodant le sol, cherchant des cadavres,La Mort est à l’intérieur du balai,le balai est la langue de la mort cherchant des cadavres, c’est l’aiguille de la mort cherchant du fil. La Mort est à l’intérieur des lits pliantselle passe sa vie à dormir sur les matelas lents,dans les couvertures noires, et soudain s’éteintelle souffle un son triste qui gonfle les draps,et les lits vont naviguer vers un port où la mort attend, habillée comme un amiral., les poètes célestes qu’as-tu fait, Gidéens,intellectualisateurs, Rilkéens,mystificateurs, faux existentielssorciers, surréalistespapillons incandescentsdans la tombe, europhilescadavres à la mode,vers pâles dans le capitalistefromage, qu’as-tu faitconfronté au règne de l’angoisse,face à cet être humain sombre,la dignité des coups de pied,Cette tête immergéedans le fumier, cette essencede vies grossières et piétinées?, Vous n’avez fait que prendre la fuitevendu une pile de débris,cherché des cheveux célestes,plantes lâches, coupures d’ongles, beauté Pure”, sorts”,œuvres des timidesbonnes pour éviter les yeux,pour la confusion des élèves délicats, survivantsur une assiette de restes salesjetés sur vous par les maîtres,ne, pas de conquête,plus aveugle que des couronnesau cimetière, quand la pluietombe sur les fleurs encoreet pourrie parmi les tombes. à Salvador, La Mort à Salvador, la mort patrouille toujours.,Le sang des morts campesinosn’a pas séché, il ne sèche pas avec le temps,la pluie, ne pas l’essuyer les mille mitraillés Martinez était le nom du ce jour, le goût du sang persiste dans la terre, le pain et le vin de Salvador. cent Sonnets D’amour XVII Je ne t’aime pas comme si tu étais une rose de sel, une topaze,ou une flèche d’œillets qui propagent le feuje t’aime comme on aime certaines choses obscures, secrètement, entre l’ombre et l’âme., je t’aime comme la plante qui ne fleurit pas mais porte la lumière de ces fleurs, cachée, en elle-même,et grâce à ton amour, l’arôme serré qui a surgi de la Terre vit faiblement dans mon corps. je t’aime sans savoir comment, ni quand, ni d’où,Je t’aime directement sans problème ni fiertéJe t’aime comme ça parce que je ne connais pas d’autre façon d’aimer,sauf sous cette forme où je ne suis pas et ne suis pas toi,Si près que ta main sur ma poitrine est à moi, Si près que tes yeux se ferment avec mes rêves. 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le train de la vie pablo neruda