ChapitreIX « De la vanité » de Montaigne, Etranges étrangers, de Jacques Prévert (1951), La ballade des gens qui sont nés quelque part (1972) de Georges Brassens, « Les Soupirs du servant de Dakar » d'Apollinaire (écrit en juin 1915), Aux Tirailleurs Sénégalais morts pour la France (1938) de Léopold Sédar Senghor et les fables de Jean
Musclerl`imagination, stimuler l`intelligence Muscler l’imagination, stimuler l’intelligence Chantal Dulibine «Travaillez, prenez de la peineC’est le fonds qui manque le moins » (Fables V, 9).
Découvrezla collection Carrés classiques. Plus de 120 titres pour vous accompagner ainsi que vos élèves dans l’étude d’œuvres littéraires classiques ou originales en Collège et Lycée. Des ouvrages avec des dossiers pédagogiques pour réussir le
Fichesur "Des coches" de Montaigne Fiche sur "Les cannibales" de Montaigne. L’humanisme dans les Essais de Montaigne Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à XI) / parcours : Imagination et pensée au XVIIe siècle. La fable: définition, caractéristiques et exemples. Les fables de La Fontaine : résumé des livres VII à XI
Consultezles annales, fiches de cours, corrigés, cours audio et vidéo de la 3e à la Terminale. La Fontaine, Fables – Imagination et pensée au XVIIe siècle (bac 2021) Première
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Citations de Jean de La Fontaine Découvrez une citation de Jean de La Fontaine - un proverbe, une phrase, une parole, une pensée, une formule, un dicton ou une citation de Jean de La Fontaine issus de romans, d'extraits courts de livres, essais, discours ou entretiens de l'auteur. Une sélection de 520 citations et phrases de Jean de La Fontaine . Crédit photographie + 520 citations Page 2 sur un total de 27 pages > Citation de Jean de La Fontaine n° 128260 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesPlût au Ciel que de vrais amis, Telle qu'elle est, dit-il, elle pût être pleine ! Le bon Socrate avoit raison De trouver pour ceux-là trop grande sa 1668 à 1694, Livre quatrième, XVII, Parole de Socrate de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 125628 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLa raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens 1668 à 1694, Livre huitième, X, l'Ours et l'Amateur des jardins de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 125627 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 471 votesManger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !Fables 1668 à 1694, Livre septième, I, les Animaux malades de la peste de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 124993 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 472 votesLorsque sur cette mer on vogue à pleines voiles, On croit avoir pour soi le vent et les étoiles, Il est bien malaisé de régler ses désirs. Le plus sage s'endort sur la foi des I, à M. Foucquet de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 115986 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesCe qu'on appelle gloire en termes magnifiques Ce qui servait de prix dans les jeux olympiques N'est que toi proprement, divine Volupté. Et le plaisir des sens n'est-il de rien compté ? Les Amours de Psyché et de Cupidon 1669 de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 113973 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 469 votesDe quelque désespoir qu'une âme soit atteinte, La douleur est toujours moins forte que la et nouvelles en vers 1665-1674, la Matrone d'Ephèse de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 109732 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLe coeur suit aisément l' 1668 à 1694, Livre neuvième, VI, le Statuaire et la Statue de Jupiter de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 109226 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 468 votesIl en coûte à qui vous réclame, Médecins du corps et de l'âme! O temps! ô moeurs! j'ai beau crier, Tout le monde se fait 1668 à 1694, Livre douzième, VI, Le Cerf malade de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 108753 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesJupin pour chaque état mit deux tables au monde. L'adroit, le vigilant, et le fort sont assis A la première; et les petits Mangent leur reste à la 1668 à 1694, Livre dixième, VI, L'Araignée et l'Hirondelle de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 108708 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesQu'importe qui vous mange? homme ou loup; toute panse Me paraît une à cet égard; Un jour plus tôt, un jour plus tard, Ce n'est pas grande 1668 à 1694, Livre dixième, III, les Poissons et le Cormoran de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 108707 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesHaranguez de méchants soldats Ils promettent de faire rage; Mais, au moindre danger, adieu tout le courage; Votre exemple et vos cris ne les retiendront 1668 à 1694, Livre neuvième, XIX, Le Berger et son troupeau de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 108706 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesComme les Dieux sont bons, ils veulent que les Rois Le soient aussi c'est l'indulgence Qui fait le plus beau de leurs droits, Non les douceurs de la 1668 à 1694, Livre douzième, XII, le Milan, le Roi et le Chasseur de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105835 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesToujours un peu de faste entre parmi les et nouvelles en vers 1665-1674, la Matrone d'Ephèse de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105811 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesLa douleur est toujours moins forte que la et nouvelles en vers 1665-1674, la Matrone d'Ephèse de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105809 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLa perte d'un époux ne va pas sans soupirs On fait beaucoup de bruit, et puis on se 1668 à 1694, Livre sixième, XX, la Jeune Veuve de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105805 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesTel deuil n'est fort souvent qu'un changement d' et nouvelles en vers 1665-1674, La coupe enchantée de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105804 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesLes maux les plus cruels ne sont que des chansons Près de ceux qu'aux maris cause la et nouvelles en vers 1665-1674, La coupe enchantée de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105797 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLe voile n'est le rempart le plus sûr Contre l'amour, ni le moins accessible; Un bon mari, mieux que grille ni mur, Y pourvoira, si pourvoir est de Lamporecchio de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105745 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 468 votesLe moindre bruit éveille un mari et nouvelles en vers 1665-1674, La coupe enchantée de Jean de La FontaineRéférences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105743 - Ajouter à mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votes< 13456Similaires à Jean de La FontainePierre Morhange Albert Ier Pia Petersen Éric Plamondon Dominique Sylvain José Revueltas Claes Oldenburg Jean-Joseph Dusaulx Joyce Kilmer Jean-Louis Etienne Erckmann-Chatrian Angela Huth Jean-Claude Lalanne-Cassou Maurice Schumann Erma Bombeck Jean-Marc Bernard Alain Guyard Marc Fumaroli Virginie Merle, dite Frigide Barjot Henri FocillonVotre commentaire sur ces citations Autres citations, pensées et phrases de Jean de La Fontaine+ Retrouvez sur le dictionnaire de la poésie française tous les poètes dont les poèmes de Jean de La FontaineAuteurs célèbres Auteurs populaires +
Fiche en deux parties. Dernière mise à jour 05/06/2022 • Proposé par zetud élève Texte étudié Perrette, sur sa tête ayant un pot de lait Bien posé sur un coussinet, Prétendait arriver sans encombre à la ville. Légère et court vêtue, elle allait à grands pas, Ayant mis ce jour-là , pour être plus agile, Cotillon simple et souliers plats. Notre laitière ainsi troussée Comptait déjà dans sa pensée Tout le prix de son lait; en employant l'argent; Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée La chose allait à bien par son soin diligent. Il m'est, disait-elle, facile D'élever des poulets autour de ma maison; Le renard sera bien habile S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon. Le porc à s'engraisser coûtera peu de son; Il était, quand je l'eus, de grosseur raisonnable J'aurai, le revendant, de l'argent bel et bon. Et qui m'empêchera de mettre en notre étable, Vu le prix dont il est, une vache et son veau, Que je verrai sauter au milieu du troupeau?" Perrette, là -dessus, saute aussi, transportée Le lait tombe; adieu veau, vache, cochon, couvée. La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri Sa fortune ainsi répandue, Va s'excuser à son mari, En grand danger d'être battue. Le récit en farce en fut fait; On l'appela le pot au lait. Quel esprit ne bat la campagne? Qui ne fait châteaux en Espagne? Picrochole1, Pyrrhus2, la laitière, enfin tous, Autant les sages que les fous. Chacun songe en veillant; il n'est rien de plus doux Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes; Tout le bien du monde est à nous, Tous les honneurs, toutes les femmes. Quand je suis seul, je fais aux plus braves un défi; Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi3; On m'élit roi, mon peuple m'aime; Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même, Je suis Gros-Jean comme devant. 1. Picrochole Voir "Gargantua" de Rabelais. Le personnage s’imagine pouvoir se rendre maître de l’univers par ses conquêtes. 2. Pyrrhus Roi d’Epire 2e s. av. Il était particulièrement ambitieux 3. Le Sophi Le roi de Perse. La Fontaine, Les Fables - La Laitière et le Pot au lait Cette fable, la dixième du livre VII du deuxième recueil des Fables, publiées par Jean de La Fontaine, poète contemporain de Louis XIV, en 1678, nous relate la mésaventure d'une jeune laitière un peu trop éprise par sa rêverie, qui verra à quel point le retour à la réalité peut être brutal. I. La marche du texte Nous découvrons Perrette en chemin pour la ville l'imparfait " prétendait arriver ", v. 3 ; " allait à grands pas ", v. 4 suppose que l'action est déjà engagée. Le narrateur nous invite donc à suivre le personnage des yeux. Le rythme même des phrases ainsi que le développement du récit semblent épouser la marche physique et le cheminement mental ou la rêverie du personnage. a Le rythme de la marche La longueur des phrases, plus étendues que dans bien des fables de La Fontaine, doit d'abord nous arrêter. La première phrase v. 1 à 6 nous donne à lire une description en mouvement tout se passe comme si l'on voyait le personnage de loin ; Perrette n'est d'abord qu'une simple silhouette que caractérise le pot porté sur la tête. En la regardant s'approcher, on distingue de mieux en mieux les détails vestimentaires le cotillon, les souliers. Le rythme binaire des vers suivants v. 7 à 10 épouse le rythme de la marche en traduisant une sorte de balancement les octosyllabes v. 7-8 alternent avec des alexandrins v. 9-10 ; les vers longs "Achetait un cent d'oeufs,// faisait triple couvée " comme les vers courts " Notre Laitière // ainsi troussée " sont également partagés ou scindés en deux parties égales hémistiches par une pause nettement marquée césure. D'un rythme plus uni, le vers 11 " La chose allait à bien par son soin diligent ", c'est-à -dire avec application et zèle, elle menait son affaire à bien, où la césure est moins marquée, nous fait sentir que Perrette allonge le pas, sous l'effet de son enthousiasme. b Un cheminement mental En même temps que le rythme physique de la marche, le texte nous rend sensible le cheminement mental du personnage. On glisse insensiblement d'un phénomène d'anticipation bien compréhensible après avoir vendu son lait, Perrette devra " employer " l'argent reçu à une rêverie qui s'affranchit peu à peu de la réalité au point d'oublier le moment présent. L'imagination de Perrette s'emballe sans que l'on puisse dire à quel moment exactement. Un jeu subtil sur la valeur des temps verbaux favorise ce glissement l'emploi de l'imparfait au vers 9 " en employait l'argent " peut normalement prendre, dans un récit au passé. une valeur hypothétique proche du conditionnel avec cet argent, je pourrais acheter. par exemple. La valeur de l'imparfait dans le vers suivant " achetait un cent d'oeufs [ ... ] " est déjà sensiblement différente tout se passe comme si Perrette avait déjà oublié la condition de ses projets il faut d'abord vendre le lait, comme si le conditionnel était un futur certain. Un degré supplémentaire est franchi dès le vers 11 mentalement, les oeufs sont déjà couvés. Le temps s'accélère, et c'est logiquement au présent que Perrette s'exprime ensuite au style direct " Il m'est [...] facile ", v. 12. Ce brouillage des repères temporels est mis en lumière dans les vers 14 à 18 les nombreuses occurrences du futur viennent signifier que Perrette se projette dans un avenir de plus en plus lointain. L'avancée est si rapide qu'à peine évoquée au futur, toute action devient aussitôt un passé en regard d'un nouveau projet "Le porc à s'en- graisser coûtera peu de son // Il était quand je l'eus [...] // J'aurai en le revendant [...] " Livrée à son imagination, " transportée ", Perrette vit donc l'avenir au présent " Vu le prix dont il est ", v. 20, au point d'en oublier et le moment présent réel et la condition nécessaire à la chaîne de ses projets le pot au lait qu'elle porte sur sa tête. qu'elle renverse en sautant. II. Une discrète ironie a Chronique d'une catastrophe annoncée On relèvera d'abord, au tout début du texte, des notations qui annoncent la catastrophe finale. Le verbe " prétendre " " Prétendait arriver sans encombre à la ville ", v. 3, qui traduit un sentiment du personnage, peut laisser supposer qu'il n'en ira peut- être pas ainsi. De même, la description du vêtement de Perrette, et l'insistance sur sa légèreté ou son agilité v. 4-5 rendent d'avance vraisemblable le saut fatal du vers souvent chez La Fontaine, la description est à la fois réaliste - une paysanne jeune, un peu coquette, heureuse de se rendre à la ville -, et symbolique personnage aérien et enfantin. Perrette marche comme on danse, et son aisance physique est aussi un signe de sa légèreté, au sens psychologique du terme. En rapportant ensuite les pensées du personnage, le narrateur nous donne à entendre, sans intervenir, la naïveté de Perrette. L'essentiel du texte, du vers 12 jusqu'au vers 23, est au style direct mais avec les vers 9 et 10 on est déjà dans les pensées du personnage. Le vers 10 d'ailleurs est proche du style indirect libre on entend "j'achète d'abord une centaine d'oeufs,je les confie trois par trois à mes poules ". b La chute du récit Le narrateur ne prend véritablement la parole qu'à la fin du récit, construit comme une chute. La formule fameuse, passée en proverbe, " adieu veau, vache, cochon, couvée ", nous fait remonter le fil du texte jusqu'au premier projet de Perrette, catastrophes en cascade comme au jeu des dominos. La désignation du pot par " sa fortune " est clairement ironique avec le lait, c'est toute la richesse imaginée par Perrette qui se répand. L'apparition dans le texte de la figure du " mari " soulignée par la rime comique traditionnelle " marri " = fâché/ mari " participe de la même ironie. Rien jusque là ne laissait supposer que Perrette était mariée, mais, parce que le début du texte nous avait égaré sur une fausse piste en nous laissant rêver à une rencontre galante la paysanne ingénue et coquette qui se rend seule à la ville, nous avons ici le sentiment de " retrouver " quelque chose que nous aurions, comme Perrette, oublié, et de nous être nous aussi laissés prendre au piège de l'imagination. On ne doit pas exclure enfin un jeu de mots sur " battue " si Perrette avait battu son lait en beurre, peut-être aurait- elle sauvé sa fortune et n'aurait-elle pas risqué d'être battue par son mari " ! Conclusion La fable révèle toute la subtilité des récits de La Fontaine un art du détail, un jeu avec le lecteur d'autant plus efficace qu'il est discret. L'ironie du texte est manifestement à l'opposé du comique grossier de la farce évoquée au vers 28.
Imagination et pensée » dans Les Fables - Jean La FontaineLes Fables, livres VII à XI – La Fontaine 1678Et pour suivre la leçon en vidéo, c'est par ici !... I. Éléments de culture littéraire1. L'argumentation → distinction... -a argumentation directe = genre qui aborde un sujet de réflexion, ouvertement Ex Les essais où Montaigne se propose de disserter sur tel ou tel sujet -b argumentation indirecte = genre qui emploie le détour de la fiction pour aborder un sujet Ex Les Fables où La Fontaine met en scène des animaux pour évoquer l'être-humain, la société etc. → spécificité de l'apologue... = récit court avec une morale, plus ou moins explicité → contes en prose de Perrault → paraboles dans la bible → fables en général Des citations qui mettent bien... L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le Corps, l'autre l'âme. Le Corps est la Fable ; l'Âme, la moralité. » dans Préface » L'apologue est un don qui vient des immortels. » dans À Madame de Montespan »2. Le classicisme Sensibilité désignée usuellement comme “ mouvement ” en quête d'ordre et de mesure, après l'exubérance du baroque. // stabilisation de la monarchie → absolue et de l'État moderne sur le plan national, après les troubles des guerres de religion. → codification et règles de composition, inspirées par la redécouverte de textes antiques La Poétique d'Aristote Ex les 3 unités dans le théâtre classique... OR - diversité et variété de composition au cœur des Fables J'ai tâché de mettre en ces deux dernières Parties toute la diversité dont j'étais capable. », dans Avertissement » + Ex hétérométrie vers de longueurs inégales → le talent du fabuliste et le plaisir du récit prime sur l'ordre...3. Le moralisme MAIS Partie prenante de cette vocation “ classiciste ” d'ordre et de mesure, une réflexion morale sur le comportement et les modèles à suivre pour l'être-humain. → dénonciation des excès au travers des caractères » → maximes et aphorismes pour guider les lecteurs → apologues et fables pour illustrer une morale » → principe-clé du classicisme moraliste Placere et docere » -a placere = plaire → le corps », c'est-à -dire le récit du fabuliste -b docere = instruire → l'âme », c'est-à -dire la moralité, le sens allégorique Les citations qui mettent bien... Une morale nue apporte de l’ennui / Le conte fait passer le précepte avec lui. / En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire, /Et conter pour conter me semble peu d’affaire. » dans Le pâtre et le lion » Par les raisonnements et conséquences que l'on peut tirer de ces Fables, on se forme le jugement et les mœurs, on se rend capable de grandes choses. » dans Préface »II. Les mots du programme1. Imagination Étymologie = latin imago » → faculté qui permet de former des visions ; puis de créer des images mentales ; enfin de les recomposer afin d'imaginer des choses inédites. Questionnement autour du vrai et du faux... C’est cette partie dominante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours, car elle serait règle infaillible de vérité si elle l’était infaillible du mensonge. » dans Les Pensées de Pascal2. Pensée → renvoi à la réflexion... -a comme élément de culture la pensée des classiques » = ensemble d'idées -b comme processus la pensée consciente » = vie de l'esprit Imagination et pensée » dans Les Fables - Jean La Fontaine Imagination et pensée » dans Les Fables - Jean La FontaineQuelques sujets enfin... Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sérieux ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Jean de La Fontaine au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé et sur votre culture personnelle. Question ouverte =interrogation partielle = plan thématique[-dialectique] La première mesure le corps -un récit entraînant Le deuxième mesure l'âme -une leçon à retenir La troisième mesure l'âme bis -l'apprentissage de la réflexion, les fables m'apprennent à me poser des questions → l'imagination faculté de l'âme qui implique une vigilance constante, et donc un questionnement perpétuel, une attitude de réflexion prolongée I. Les fables ne paraissent pas tellement sérieuses à première vue. a privilège du récit entraînant la fiction domine + virtuosité du conteur avec la brièveté dans la mise en place du schéma narratif + hétérométrie b s'évader du réel le merveilleux anthropomorphisme + exotique c l'humour et la dérision un grotesque aux proportions épiques Les deux coqs, la tortue et les deux canards, un comique de l'absurde le curé et le mort, L'ours et l'amateur des jardins, le mal marié position personnelle du fabuliste qui se moqueII. Mais en fait on retrouve un aspect sérieux au cœur des fables il en va de la moralité le placere du I est complété avec le docere a la dualité de la fiction et de la morale place privilégiée dans l'ordre de la fable + formule percutante à la manière d'un proverbe + interpellation du fabuliste , impératif Les obsèques de la Lionne », Le héron La fille » Ecoutez lecteurs, dialogue L'homme et la couleuvre » b leçons de morale sens allégorique des différents animaux =qualités ou défauts moraux → comprendre le genre humain et ses caractères en déchiffrant la signification morale de la fable c critique de la société et de l'injustice la figure du Lion qui incarne l'ordre absolutiste et toutes les fables qui renvoient au fonctionnement de la courIII. Au-delà de ces leçons de morale, les fables portent plus loin encore la réflexion en ce qu'elles nous questionnent plutôt que de nous apporter des réponses... J'apprends à penser. -a l'interrogation en attente d'une réponse questions au lecteur ou morale implicite -b le désir de philosopher → Discours à Mme de La Sablière qui est une réplique à la doctrine cartésienne de l'animal-machine, et qui ouvre un débat sur les différents types d'êtres-vivants. -c Interroger l'imagination → la fable ne fait pas qu'exploiter les ressources de l'imagination, elle interroge son rôle et ses limites = ambivalence de l'imagination dans les différentes fables → La laitière + Le pouvoir des fables Christian Biet, critique contemporain, définit la fable comme un mensonge qui dit la vérité ». À la lumière de votre lecture des livres VII à XI des Fables et des textes étudiés dans le parcours Imagination et pensée au XVIIe siècle », vous vous demanderez dans quelle mesure l'imagination dans les fables est efficace pour délivrer une pensée sur l' La fable est avant tout mensonge imaginaire le plaisir fictionnel prime sur les autres Mais ce plaisir de la fiction sert en définitive l'instruction et ses vérités morales en captivant le Plus encore, l'imagination employant l'apologue fictif permet de concevoir des choses inédites et d'interroger avec un regard nouveau certaines questions elle délivre la pensée de l'homme ! Dans sa fable intitulée Le Bûcheron et Mercure », La Fontaine définit ainsi le genre de la fable Une ample Comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est l'Univers. » Qu'en pensez vous ?Quelques sujets enfin... Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sérieux ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Jean de La Fontaine au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé et sur votre culture personnelle. Question ouverte =interrogation partielle = plan thématique[-dialectique] La première mesure le corps -un récit entraînant Le deuxième mesure l'âme -une leçon à retenir La troisième mesure l'âme bis -l'apprentissage de la réflexion, les fables m'apprennent à me poser des questions → l'imagination faculté de l'âme qui implique une vigilance constante, et donc un questionnement perpétuel, une attitude de réflexion prolongée I. Les fables ne paraissent pas tellement sérieuses à première vue. a privilège du récit entraînant la fiction domine + virtuosité du conteur avec la brièveté dans la mise en place du schéma narratif + hétérométrie b s'évader du réel le merveilleux anthropomorphisme + exotique c l'humour et la dérision un grotesque aux proportions épiques Les deux coqs, la tortue et les deux canards, un comique de l'absurde le curé et le mort, L'ours et l'amateur des jardins, le mal marié position personnelle du fabuliste qui se moqueII. Mais en fait on retrouve un aspect sérieux au cœur des fables il en va de la moralité le placere du I est complété avec le docere a la dualité de la fiction et de la morale place privilégiée dans l'ordre de la fable + formule percutante à la manière d'un proverbe + interpellation du fabuliste , impératif Les obsèques de la Lionne », Le héron La fille » Ecoutez lecteurs, dialogue L'homme et la couleuvre » b leçons de morale sens allégorique des différents animaux =qualités ou défauts moraux → comprendre le genre humain et ses caractères en déchiffrant la signification morale de la fable c critique de la société et de l'injustice la figure du Lion qui incarne l'ordre absolutiste et toutes les fables qui renvoient au fonctionnement de la courIII. Au-delà de ces leçons de morale, les fables portent plus loin encore la réflexion en ce qu'elles nous questionnent plutôt que de nous apporter des réponses... J'apprends à penser. -a l'interrogation en attente d'une réponse questions au lecteur ou morale implicite -b le désir de philosopher → Discours à Mme de La Sablière qui est une réplique à la doctrine cartésienne de l'animal-machine, et qui ouvre un débat sur les différents types d'êtres-vivants. -c Interroger l'imagination → la fable ne fait pas qu'exploiter les ressources de l'imagination, elle interroge son rôle et ses limites = ambivalence de l'imagination dans les différentes fables → La laitière + Le pouvoir des fables Christian Biet, critique contemporain, définit la fable comme un mensonge qui dit la vérité ». À la lumière de votre lecture des livres VII à XI des Fables et des textes étudiés dans le parcours Imagination et pensée au XVIIe siècle », vous vous demanderez dans quelle mesure l'imagination dans les fables est efficace pour délivrer une pensée sur l' La fable est avant tout mensonge imaginaire le plaisir fictionnel prime sur les autres Mais ce plaisir de la fiction sert en définitive l'instruction et ses vérités morales en captivant le Plus encore, l'imagination employant l'apologue fictif permet de concevoir des choses inédites et d'interroger avec un regard nouveau certaines questions elle délivre la pensée de l'homme ! Dans sa fable intitulée Le Bûcheron et Mercure », La Fontaine définit ainsi le genre de la fable Une ample Comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est l'Univers. » Qu'en pensez vous ?
Au XVIIème siècle, La Fontaine a su donner à la fable, genre antique dont Esope est le père », ses lettres de noblesse en France, et dans l’imaginaire collectif il est celui qui se ser[vait] d’animaux pour instruire les hommes ». Les fables du second recueil sont cependant différentes des précédentes ; le fabuliste cherche à se renouveler et varie les sources d’inspiration, puisant chez l’indien Pilpay ou dans l’actualité ses sujets ; le bestiaire est moins utilisé ; la tonalité aussi a changé, La Fontaine se montrant souvent plus pessimiste et satirique que moralisateur. Ce recueil n’est d’ailleurs pas dédié à un enfant, comme l’était le premier. La fable 10 du livre VII, Le curé et le mort », est représentative de ce changement. S’inspirant d’une anecdote réelle, relatée par Madame de Sévigné à sa fille dans son abondante correspondance, le fabuliste raconte l’histoire d’un curé qui trouve la mort en accompagnant un mort au cimetière, alors qu’il se laissait aller à la rêverie. Cette fable fait pendant à celle de La laitière et le Pot au lait », qui raconte une aventure construite sur le même schéma. La thématique de l’imagination prend donc une importance décisive. Comment le fabuliste traite-t-il le fait divers dans l’apologue, et quelle est son ambition morale ? Nous étudierons tout d’abord l’art de la narration dans cette fable, puis la visée satirique de La Fontaine dans sa description du curé songeur. Nous analyserons enfin la réflexion sur la condition humaine que propose ce texte. I. L’art de la narration La Fontaine a transformé le fait divers en un apologue plaisant, vif, varié, qui joue des oppositions entre les personnages, et qui mêle des tonalités inattendues, compte tenu du sujet et des personnages choisis. a La brièveté et la variété La Fontaine a écrit, avec Le curé et le Mort », un petit récit alerte. Il relate une anecdote, sans digression, en utilisant pour l’essentiel des octosyllabes, qui confèrent à la fable un rythme vif. L’originalité de la fable tient ici au long développement de la situation initiale, qui met en valeur la seule péripétie, qui fait office à la fois d’élément perturbateur, d’élément de résolution, et de situation finale l’accident dans lequel le curé trouve la mort. La valeur dramatique de cette chute est mise en relief par la parataxe Un heurt survient, adieu le char » v30, le présentatif Voilà » v31 et l’utilisation du passé composé Messire Jean Chouart […] a la tête cassée » v31. Le récit est d’autant plus plaisant à lire que le fabuliste joue sur l’alternance et la variété, pour lui donner du rythme. Il alterne les rimes plates v5-6, croisées v1-4, embrassées 29-32 ; le récit est parfois coupé par du discours direct v15-18, 21-23 ou les interventions du narrateur hélas ! » v7 ; à l’intérieur même du récit, La Fontaine fait alterner les temps, avec de l’imparfait v1-6, 10-14, 18-20, 24-28, du présent de narration v30-35, d’énonciation dans les paroles rapportées, ou de vérité générale v7, 37. La Fontaine a donc cherché à garder le caractère brutal de l’anecdote, tout en la rendant plaisante. bLes personnages Il développe cependant suffisamment son récit pour le lecteur jouisse des parallélismes qu’il a créés entre ses personnages. Ceux-ci sont dès le titre mis en relation, avec la conjonction et » qui laisse s’interroger sur le sens souvent les personnages qui donnent le titre de la fable s’opposent, comme le Corbeau et le Renard, ou le Lièvre et la Tortue. Ici, il ne s’agit pas d’animaux, et le lecteur voit mal de prime abord ce que l’auteur suggère. Le fabuliste utilise donc dès les quatre premiers vers de forte oppositions afin d’amener le lecteur à saisir l’enjeu de la fable et le caractère du curé les vers 1 et 3 sont construits de façon identique déterminant indéfini, nom, verbe s’en allait », adverbe ; seuls les noms et les adverbes changent, et puisque les adverbes sont antithétiques tristement » / gaiement », les noms doivent être compris comme antithétiques eux aussi. La suite du texte est plus subtile, et ce sont les connotations qui s’opposent au mort la bière » qui lui sert d’habit et qu’il n’ôtera plus, au curé les rêveries sur les cotillons » à offrir, et sans doute à ôter… Par ailleurs, le lecteur du recueil , qui vient de lire La laitière et le Pot au lait », remarque la similitude entre les deux fables, et conclut que le curé » est l’équivalent de la laitière », ce qui implique que le mort » est l’équivalent du pot au lait » la réification implicite du titre, développée par le participe passé empaqueté » v6 montre que le mort n’est plus qu’une chose, alors que le curé, bien vivant, a des aspirations, des envies, d’ agréable[s] pensée[s] » v29. c La tonalité Ces oppositions permettent à La Fontaine de créer dans cette fable une tonalité particulière, mêlée de grivoiserie, avec les mentions des cotillons », de la nièce », de la chambrière » v26-28 et d’humour noir, avec le curé libidineux qui chemine au côté du mort en direction du cimetière, et la chute qui mêle leurs deux destins. Le texte est par ailleurs ironique les reprises nominales font d’ un mort » Monsieur le mort » dans la bouche du curé, et cette appellation ironique puisque faussement respectueuse est parodiée par l’auteur qui qualifie le curé de Messire Jean Chouart ». De plus, afin de montrer la cupidité du curé qui compte ce que pourra lui rapporter cet enterrement, le mort est par deux fois appelé son mort », comme si le curé s’était déjà approprié les revenus dus à celui-ci. L’auteur fait un jeu de mots au vers 37, car le curé comptait » sur son mort, au sens d’ espérait », mais aussi au sens concret de faisait les comptes ». A partir d’une anecdote réellement arrivée, La Fontaine construit une fable plaisante, tant par le rythme du récit que par les caractéristiques données aux protagonistes ou par la tonalité toute particulière de la fable. A travers le personnage du curé, La Fontaine se livre à une satire féroce du clergé, car ce curé apparaît comme un bon vivant. II. La satire du clergé a La dépravation des mœurs Le curé mis en scène par La Fontaine apparaît comme un être dépravé. Avec l’argent de l’enterrement, il rêve d’acheter une feuillette », c’est-à -dire un tonneau, du meilleur vin des environs » ; La Fontaine s’inscrit dans la tradition anti-cléricale qui voit dans les hommes d’Eglise des ivrognes invétérés. Son autre projet est d’acheter des cotillons », des jupons, à sa nièce et à sa femme de chambre ; La Fontaine fait du curé de sa fable un homme lascif. Le thème de la sensualité est tout d’abord évoqué dans les vers consacrés au mort, qui ne connaîtra plus les jouissances de la chair son cercueil est désigné par trois fois comme une robe », dont les morts ne peuvent se dévêtir v7-8. Il est repris dans l’ agréable pensée » v29 du curé qui veut acheter des dessous pour certaine nièce » et une chambrière nommée Pâquette », dont le nom évoque une femme légère. Le curé apparaît donc comme un individu lubrique, qui profite de son ascendant social et moral sur sa femme de chambre, et a même des pensées incestueuses avec sa nièce. La Fontaine charge le portrait, en appelant, par deux fois, le curé Messire Jean Chouart » v18,31 Messire » est le titre donné aux gens d’Eglise ; Jean Chouart » est une référence à Rabelais, qui désigne ainsi, dans Pantagruel ou le Quart Livre, le sexe masculin. Le personnage est donc réduit à son organe, ce qui montre son côté jouisseur ; l’association du titre qui rappelle son statut d’homme d’Eglise, son côté spirituel, et du pénis qui renvoie au côté sensuel de l’homme est férocement satirique. Le curé est montré comme un être dépravé qui est prêt à céder au péché de luxure. b La cupidité Le curé est par ailleurs montré comme un être cupide, intéressé seulement par l’argent que peut lui rapporter le mort. Par une pensée charitable pour notre défunt » ne vient au pasteur ». Il ne songe qu’à ce qu’il va gagner il ne s’agit que du salaire » v17, j’aurai de vous tant en argent, et tant en cire, et tant en autres menus coûts » v21-23. La répétition de tant » dévoile les calculs auxquels se livre le prêtre, qui comptabilise sa rétribution, l’argent payé par les fidèles pour les cierges et les détails du service funèbre. Son mort » devient donc pour le curé un trésor », qu’il couve » des yeux, ce qui traduit bien sa cupidité. Le jeu de mots final le curé Chouart, qui sur son mort comptait » rappelle une dernière fois au lecteur le caractère intéressé du prêtre. Au rebours de toutes les valeurs chrétiennes, le mort devient donc pour l’Eglise une valeur marchande. Il n’est plus qu’une chose, dont on oublie l’âme, bien et dûment empaqueté » que l’on emmène au cimetière au plus vite » pour toucher son salaire ». L’insistance de La Fontaine sur la bière » v7, le plomb » v33 montre la réification de la personne pour le clergé, qui ne se préoccupe pas de spiritualité mais se révèle mercantile. Les pensées du prêtre mettent en valeur la relation conçue sur l’échange et le profit on vous en donnera [des prières] de toutes les façons » et j’aurai de vous tant […] ». c L’hypocrisie En mettant au jour les péchés des gens d’Eglise, qui cèdent facilement à l’avarice et à la luxure, La Fontaine fait surtout ressortir leur hypocrisie. C’est sous prétexte de spiritualité et de salut de l’âme que sont dites les prières et effectuées les cérémonies religieuses. Or, dans ce texte, le fabuliste met en opposition les paroles effectivement prononcées et les pensées réelles du prêtre. Il récitait, à l’ordinaire, / Maintes dévotes oraisons, / Et des psaumes, et des leçons, / Et des versets, et des répons » trois vers sont consacrés à l’énumération des différentes prières chantées ou lues par le curé, avec la répétition et l’anaphore de la conjonction et » qui marque l’accumulation. Derrière cette démonstration de religiosité et de foi, se dissimulent des pensées non avouables On vous en donnera de toutes les façons ; / Il ne s’agit que du salaire ». L’ingéniosité de La Fontaine consiste à inverser dans la fable les procédés attendus les prières prononcées sont rapportées de façon indirecte, tandis que les pensées du curé sont rapportées au style direct. Celles-ci prennent donc plus de relief, et paraissent plus vraies que les litanies de prières débitées effectivement. De plus, le curé semble se moquer du mort s’adressant mentalement à lui, il le nargue, en l’appelant Monsieur le Mort » et en énumérant les profits réalisés grâce à lui. L’anecdote permet donc à La Fontaine de livrer une virulente satire des hommes d’Eglise, montrés comme des êtres dépravés, cupides et hypocrites. Mais la fable n’est pas seulement ironique elle invite à réfléchir sur l’humaine condition. III. Une réflexion sur la condition humaine Dans les trois derniers vers, séparés du texte par un espace, et qui apparaissent comme la moralité de la fable, La Fontaine estime que le curé Chouart », c’est-à -dire l’aventure du curé Chouart, est proprement toute notre vie ». Le lecteur est donc amené à voir dans cet apologue une image de sa propre destinée. a La finitude En choisissant comme personnages un mort et un curé qui meurt, La Fontaine montre le destin humain sous le signe de la finitude. Il attire notre attention sur notre devenir commun, en insistant sur le cercueil, et en faisant part de son chagrin personnel une robe, hélas ! qu’on nomme bière ». Il tente cependant une dédramatisation en présentant le mort avec des caractéristiques de vivant la terre est son dernier gîte », il est vêtu d’une robe », et se révèle, à son insu, acteur de la fin du curé le Paroissien en plomb entraîne son pasteur ». Mais si l’auteur, dans ses interventions, refuse d’évoquer le mort de façon morbide, le personnage du curé, on l’a vu, le renvoie à sa finitude en le considérant comme une chose, dont il peut tirer profit. La brutalité de la chute rappelle d’ailleurs au lecteur que nul n’est à l’abri La Fontaine utilise le paradoxe de l’anecdote pour rendre compte des aléas de la fortune, qui peuvent être tragiques. Les deux personnages mis en opposition tout le long de la fable, l’un mort et n’ayant plus droit à rien, l’autre bien vivant et plein d’espérance, se retrouvent unis dans le même destin tous deux s’en vont de compagnie ». Le chiasme développé dans les vers 33-34 suggère le retournement de situation complet et rapide qui s’opère. Le curé en mourant devient lui aussi chose sans volonté et sans pouvoir, soumis à la fatalité le mort l’ entraîne », lui suit ». La reprise du verbe s’en aller » s’en vont », v35, présent dans le premier vers, et conjugué cette fois-ci au pluriel clôt le récit sur une idée de fin totale. b Le pouvoir de l’imagination Ce n’est pas seulement sur ce thème que La Fontaine veut faire réfléchir le lecteur ; la même anecdote racontée par Madame de Sévigné dans sa lettre du 26 février 1672 tenait en trois phrases M. de Boufflers a tué un homme après sa mort. Il était dans sa bière et en carrosse on le menait à une lieue de Boufflers pour l’enterrer ; son curé était avec le corps. On verse ; la bière coupe le cou au pauvre curé. » Ce qui l’a frappée est le paradoxe de cette mort inattendue. La Fontaine, s’il ne néglige pas cet aspect, a développé son récit en y intégrant les pensées intimes du curé, et en modifiant ainsi la portée de l’anecdote. Celle-ci a donc pour thématique l’imagination. La morale est d’ailleurs explicite, ce qu’il faut retenir de cet apologue est que le curé comptait » sur le Mort » comme Perrette comptait sur le Pot au lait ». L’auteur invite donc le lecteur à comparer les deux fables afin d’en dégager le sens moral. La Laitière et le Pot au lait » raconte la rêverie d’une laitière sur le profit qu’elle imagine pouvoir tirer de son lait, et se voit déjà acheter des poulets, puis un cochon, une vache et un veau ; mais dans l’exaltation de ses pensées, elle fait tomber son pot adieu veau, vache, cochon, couvée ». La Fontaine réutilise l’expression, mais de façon moins développée dans Le Curé et le Mort » adieu le char ». La fable invite donc à prendre en considération le pouvoir de l’imagination qui dirige nos vies. c Une vision pessimiste de la vie Le lecteur constate toutefois une différence de taille entre les deux fables. Certes, le thème et la progression du récit sont les mêmes, mais la fable de La Laitière » s’inscrit dans une thématique de vie, avec l’évocation des animaux et de leur prolifération ; la fable du Curé » est empreinte de mort. Surtout, la rêverie de la Laitière suscite de la part du lecteur une certaine identification, comme de la part de l’auteur Quel esprit ne bat la campagne ? […] Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi […] Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même, / Je suis gros Jean comme devant ». La morale de la fable Le Curé et le Mort » n’est pas lyrique, et si le fabuliste invite à se reconnaître dans le destin du curé avec l’utilisation de la première personne du pluriel notre vie », v36, la tonalité est différente. L’imagination chez l’homme est telle qu’elle permet des suppositions et des rêveries même à propos des morts, rien ne l’arrête elle transforme même l’homme en être cynique et amoral, pour qui tout support est bon, tant qu’il permet l’espoir et l’essor de l’imagination. Conclusion Avec Le Curé et le Mort », La Fontaine a écrit un récit plaisant, au rythme alerte, aux effets variés, d’une tonalité originale, mêlant l’humour et l’ironie. L’opposition des personnages permet de mettre en valeur les défauts du curé lascif, cupide et hypocrite, à travers lequel La Fontaine fait une satire virulente des gens du clergé, qui se préoccupent de notions plus matérielles que spirituelles. Cette fable est aussi l’occasion pour le fabuliste de développer la réflexion amorcée avec La Laitière et le Pot au lait » sur le pouvoir de l’imagination qui nous éloigne du réel ; dans Le Curé et le Mort », elle apparaît comme aussi nécessaire que l’espérance, mais liée à l’égoïsme fondamental de l’être humain.
dissertation sur les fables de la fontaine imagination et pensée